Modernité de l’ancien et ancienneté du moderne en Grèce

novembre 15, 2011 by

de FASFALIS Dimitris

La Grèce et son peuple sont devenus, sous les projecteurs des médias de masse depuis janvier 2010, l’archétype de l’archaïsme en Europe. Le cliché colporté défie toute discussion de fond : voici un peuple fraudeur et vivant au-dessus de ses moyens, responsable du manque de compétitivité de son économie, plus enclin à la grève qu’au travail créatif, dirigé par une classe politique clientéliste et corrompue, elle-même incapable de faire respecter la loi et de recueillir les recettes fiscales nécessaires pour les dépenses de la collectivité. A cet archaïsme d’une démocratie de marché défaillante, les médias ont opposé son contraire moderne incarné par le Fonds monétaire international, la Commission européenne, les agences de notation, le capital mondialisé et les gouvernements du cœur de la zone euro. Cette opposition entre l’archaïsme et la modernité passe cependant sous silence, et condamne ainsi à l’échec, les tentatives du mouvement social pour contrer l’austérité et redéfinir la modernité.

Luttes symboliques sur la sémantique des temps historiques

Car la lutte des classes en Grèce a porté depuis 2010 non seulement sur le partage des richesses (par l’intermédiaire des finances publiques et de l’austérité), mais aussi sur la sémantique des temps historiques. Le discours dominant accompagnant les plans successifs d’austérité a ainsi prétendu incarner la modernité économique et sociale face aux archaïsmes responsables de la catastrophe nationale que traverse la Grèce. La posture moderne de la classe dirigeante et de ses acolytes internationaux leur assurait ainsi d’incarner l’avenir, le seul qui soit possible, celui du capitalisme néolibéral mondialisé et de son pendant, la société de marché. En effet, la catégorie de la modernité est cette catégorie auto-référentielle qui signale une rupture dans le temps et instaure ainsi un nouveau régime d’historicité chez les acteurs sociaux qui se définit par le dépassement de la tradition d’une époque archaïque. En somme, cette opposition structurante du discours dominant a cherché à fortifier l’idée d’un capitalisme éternel et à empêcher toute perspective temporelle alternative.

La lutte pour imposer un autre scénario que celui de l’austérité généralisée a été au centre des efforts du mouvement ouvrier (printemps 2010) et des Indignés de la place de Syntagma et des autres villes (été 2011). Ce faisant, ils ont ouvert dans l’espace social de nouvelles perspectives sur l’avenir en renversant l’opposition archaïsme/modernité du discours dominant. Ils ont ainsi tenté en pratique de généraliser cette idée que l’archaïsme n’est pas l’État social mais le « capitalisme réel » et le désastre social qu’il a imposé dans son sillage, actualisant dans la foulée ce contre quoi la modernité capitaliste s’est construite, à savoir une économie tournée vers la satisfaction des besoins de la communauté et non pas vers la valorisation du capital.
Satisfaction des besoins ou accumulation du capital ?

Reflétant la rationalité sociale et politique de l’économie antique, Aristote s’étonnait au IVe siècle avant J.-C. de cet « art d’acquérir des richesses » qui n’est pas destiné à satisfaire les besoins de la communauté et qu’il appelle « chrématistique » : « Étrange richesse que celle dont l’abondante possession n’empêche pas de mourir de faim, comme cela arriva au fameux Midas de la fable, dont la prière, cupide au-delà de toute mesure, avait pour effet de changer en or tout ce qu’on lui présentait. » [1] A la chrématistique, Aristote opposait « l’oikonomia » : « une espèce de l’art d’acquérir qui (…) doit, ou bien avoir sous la main, ou bien procurer, de façon à les rendre disponibles, les biens dont il est possible de constituer des approvisionnements, quand ils sont nécessaires à la vie et utiles à la communauté (koinonia) politique ou familiale. Et il semble que ce soient là les éléments constitutifs de la véritable richesse. » [2]

Or, cette opposition, déjà ancienne, entre ce qu’Aristote appelait la « chrématistique » et « l’oikonomia », se retrouve au cœur des enjeux de l’austérité et des contre-réformes en Grèce. On la retrouve notamment dans le discours émanant des principaux acteurs du mouvement contre l’austérité du printemps 2010, comme le montrent les propos adressés aux manifestants le 5 mai 2010 par Ilias Vretakou, vice-président de la fédération syndicale de la fonction publique ADEDY : « Ils aplanissent les travailleurs et la société. On nous vole nos salaires, on nous vole nos retraites, on nous vole nos droits du travail et de protection sociale, on nous vole notre droit à la vie. Ils imposent la jungle des relations de travail, ils abolissent le salaire de base le plus bas, ils développent le contrat de première embauche, ils libéralisent les licenciements, ils diminuent les allocations sociales, diminuent le taux horaire des heures supplémentaires. Ils donnent la possibilité aux employeurs de jeter à la rue un vieux salarié et avec le même argent d’embaucher trois ou quatre jeunes précaires. » [3]

De même pour ce qui est du mouvement récent des Indingnés : leurs appels sont également porteurs de la même opposition entre ce que Marx montrait comme la double personnalité des marchandises, c’est-à-dire la « valeur d’usage », socialement utile, et la « valeur d’échange », relevant de la logique d’accumulation du capital. L’appel de « l’Assemblée du peuple » de Syntagma du 22 juin 2011 explique en ce sens : « Nous ne pouvons accepter le pillage de notre richesse sociale, nous ne sommes pas prêts à tolérer la dégradation du niveau de vie de la majorité de la population alors qu’une minorité s’enrichit par ses profits. » [4]
Anciens et Modernes dans l’actualisation de la démocratie

Par ailleurs, les mouvements contre les plans de rigueur ont abordé une problématique déjà « ancienne », à savoir celle des liens entre la démocratie et l’annulation des dettes. Le communiqué de l’assemblée populaire de Syntagma du 28 juin dernier est ainsi intitulé : « Ils sont condamnés à l’annulation et nous à la victoire ! » [5]] En réclamant un audit sur la dette grecque et un moratoire sur le versement des intérêts aux créanciers, le « mouvement des places » tente de politiser une question monopolisée par les « experts » de la classe dirigeante en soulevant la question de l’illégitimité politique de la dette et des plans d’austérité. Pareille démarche est une remise en question frontale des prérogatives de l’oligarchie capitaliste au pouvoir et synonyme d’émancipation politique et sociale pour la majorité.

Le même type de débat a eu lieu en Grèce ancienne à plusieurs reprises : l’annulation des dettes et l’exercice de la démocratie par la masse (« oi polloi »). Les deux étaient tellement liés que lorsque Philippe II de Macédoine (359-336 av. J.-C.) réunit les cités grecques dans une Ligue des Hellènes pour consacrer son hégémonie politique et mettre fin à la sédition (la stasis grecque), l’un des actes séditieux n’est nul autre que la redistribution des terres et l’abolition des dettes. De même, à Itanos, en Crète, les citoyens devaient prononcer le servent suivant : « Je ne promouvrai pas une redistribution des terres ou des maisons ou des parcelles à bâtir, ni une abolition des dettes. » [6] Et de fait, si ces serments signalent une époque de déclin de la cité classique et de la démocratie au profit d’un ordre dominé par des « tyrannies » oligarchiques et monarchiques, à l’inverse de cette restauration conservatrice, la mise en place de la démocratie à Athènes par les réformes de Solon peu après 600 av. J.-C. s’est réalisé par une annulation de dettes qui n’étaient ni plus ni moins le signe d’une expropriation privée au profit d’une oligarchie parmi les citoyens. Ainsi, la démocratie n’est née dans l’Athènes classique qu’avec la réduction du pouvoir de l’oligarchie des propriétaires terriens. La possession de la terre était par conséquent l’un des fondements de la citoyenneté athénienne classique. Les réformes de Solon avait en effet radicalement bouleversé la structure sociale de la cité oligarchique ; comme Aristote l’écrit dans sa Constitution d’Athènes II : « Les nobles et la foule furent en conflit pendant un long temps » parce que « les pauvres, leurs femmes et leurs enfants étaient les esclaves des riches » et « n’avaient pas de droits politiques ».

Ainsi, la lutte contre l’austérité et les contre-réformes néolibérales en Grèce aujourd’hui fait écho et réactualise la stasis grecque, contre l’oligarchie dans sa forme « moderne », c’est-à-dire capitaliste. Le mouvement social et les Indignés de la Grèce sont aujourd’hui les fiers héritiers de la démocratie ancienne et d’une nouvelle modernité soulignant l’ancienneté du capitalisme néolibéral dont la place ne peut être que dans les « poubelles de l’histoire ».

Notes

[1] Aristote, Politique dans Michel Austin et Pierre Vidal-Naquet, Économies et sociétés en Grèce ancienne, A. Colin, 2007, p. 189.

[2] Aristote, Politique cité dans Michel Austin et Pierre Vidal-Naquet, Économies et sociétés en Grèce ancienne, Armand Colin, 2007, p. 185.

[3] Discours cité dans le quotidien grec de gauche Avgi, 6 mai 2010.

[4] Voir l’appel sur le site d’Europe solidaire sans frontières (article 22042) : Grèce : Appel de la place Syntagma.

[5] [[Voir l’intégralité du communiqué sur ESSF (article 22106) : Grèce : ils sont condamnés à l’annulation et nous à la victoire !.

[6] Cité par Moses I. Finley, « La terre, les dettes et le propriétaire foncier dans l’Athènes classique », Economie et société en Grèce an

La solidarité internationale s’exprime à Athènes pour mettre fin à l’asservissement par l’endettement

novembre 15, 2011 by

le 31 mai 2011, par Jérome Duval

C’est dans une salle bondée d’Athènes que la députée Sofia Sakorafa, récemment exclue du parti socialiste au pouvoir PASOK pour avoir refusé de voter les mesures d’austérité, introduit la conférence « Dette et austérité : du Sud global à l’Europe ». D’entrée, elle donne le ton en déplaçant la problématique de l’endettement au-delà des frontières et du clivage Nord / Sud : “La dette est liée à la question de classe”. En effet, l’enjeu de cette activité qui s’est déroulée du 6 au 8 mai 2011, un an, presque jour pour jour, après le « sauvetage » de la Grèce par le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne (C.E), est de tirer un enseignement des expériences du Sud contre la dette illégitime qui affecte en premier lieu les classes pauvres et de mobiliser pour son annulation. Il s’agit d’établir un lien entre le « Tiers-monde » et la périphérie de l’Europe en voie de « Tiers-mondialisation » (Grèce, Irlande, Portugal…), d’apprendre des expériences en Amérique latine et d’ailleurs pour tenter de récupérer une souveraineté dérobée aux citoyens et à l’Etat par leurs créanciers, d’établir des solidarités en Europe pour mieux lutter contre une dette oppressante envers les plus pauvres, et enfin, d’impulser une commission d’audit en Grèce afin de répudier la part illégitime de la dette qui n’a pas bénéficié à la population.

Au cours de ces 3 jours de conférence, se sont enchaînées les interventions souvent très radicales et, lorsque de la salle le public prend la parole, on sent une rage incommensurable contre l’injustice persistante de la dette. De ces débats ressort une volonté affirmée d’en finir avec l’oppression capitaliste. Il n’y a pas lieu ici de parler de réformisme mais bien d’un changement radical débouchant sur une réelle justice sociale sans asservissement par l’endettement. La restructuration de la dette ne changera pas le modèle d’exploitation qui se fait sur les épaules des plus faibles, cela ne résoudra pas le problème mais l’amplifiera en prolongeant d’autant l’échéance des remboursements. Il faut une annulation et l’audit est l’outil nécessaire pour y parvenir. L’audit est le préalable indispensable pour déterminer la part illégitime qui doit être déclarée irrecevable et nulle en droit. C’est un outil potentiellement très puissant, capable d’apporter une réponse à la crise, pour peu que ses travaux soient menés de manière indépendante, transparente et démocratique et que la commission soit à l’écoute des revendications portées par les citoyens afin d’être au service de ceux-ci.

Dans un pays qui, dans l’histoire du monde a donné naissance à une forme de gouvernement démocratique, l’immixtion de la Troïka (terme communément utilisé en Grèce pour désigner le trio FMI, Commission Européenne, Banque Centrale Européenne) dans les affaires de l’Etat reste très impopulaire et donne lieu à une lutte acharnée de la part de la gauche à la gauche du parti socialiste au pouvoir. La Troïka n’a pas de mandat du peuple pour imposer ses politiques, la dette qui en découle n’est pas le résultat de négociations démocratiques, ce sont des négociations entre individus qui s’expriment au nom d’institutions non démocratiques. La différence est de taille et la Troïka qui occupe politiquement et économiquement la Grèce pourrait être expulsée afin de débarrasser les citoyens grecs de cette présence illégitime. Alors que le peuple grec se saigne aux quatre veines pour rembourser une dette dont il n’a pas ou très peu bénéficié, la Grèce achète du matériel militaire à ses voisins européens censés l’aider, les droits des travailleurs sont détruits et le taux de suicide est passé de 1 par jour en 2009 à 2 par jour en 2010.

Il est temps de dire stop au pillage capitaliste par la dette qui opère un transfert de Capital depuis ceux qui produisent la richesse vers ceux qui spéculent et influencent les marchés ! Voilà un peu en substance, ce que l’on pouvait ressentir au cours des différentes interventions de ce séminaire. L’expérience de l’audit en Equateur en 2007 et 2008 qui a permis d’annuler une part importante de la dette illégitime et d’économiser 300 millions de dollars par an pendant 20 ans constitue un riche enseignement pour une alternative à construire en Grèce… Plusieurs représentant-e-s de l’Irlande, où l’Etat prévoit 6 milliards de nouvelles coupes budgétaires en 2011, ont motivé l’assemblée en annonçant qu’une commission d’experts indépendants portée par les associations AFRI, la coalition Debt and Development Ireland et le syndicat Unite avait déjà commencé à préparer le terrain pour un audit citoyen dans leur pays. Pour rappel, l’UE et le FMI ont engagé un plan de 85 milliards d’euros de prêt à l’Irlande, réparti sur plusieurs années, destiné notamment à renflouer le secteur bancaire.

Le peuple grec, au même titre que le peuple tunisien, peut, au regard du droit international, refuser le remboursement de la dette odieuse contractée sous un régime dictatorial qui a servi à maintenir et enrichir des tyrans au pouvoir tout en réprimant la population. Mais au-delà, peut-on demander réparation ? Le prêt de 110 milliards d’euros accordé par Bruxelles et le FMI à la Grèce en échange de l’austérité imposée à la population est-il légitime ? La dette aggravée par des « plans de sauvetage » pour porter secours aux banques est-elle légale ? Quelle est la priorité budgétaire de l’Etat, doit-elle aller en premier lieu vers le remboursement aux créanciers et les dépenses en armement ? Toutes ces questions alimentent le débat en Grèce pour un « audit indépendant » de la dette qui intègre des représentants de la société civile. Elles sont les prémices à autant d’arguments, qui avancés sur le plan juridique, doivent poser ces dettes comme irrecevables et nulles en droit. Et si la justice ne le fait pas, la pression populaire peut l’y contraindre. Le bouleversement de rapport de force, produit par un audit efficace, entre les détenteurs de richesse et ceux qui la produisent ne pourra qu’œuvrer pour une juste répartition. C’est un préalable utile qui appelle d’autres mesures fortes et nécessaires pour emprunter la voie d’une société radicalement différente, basée sur le partage des richesses, la justice et la solidarité, et qui reste à construire par et pour le peuple.

La grève de la faim des 300 travailleurs sans papiers à Athènes et à Salonique s’est terminée hier vers 17h00.

mars 10, 2011 by

Les grévistes ont accepté la nouvelle proposition du gouvernement grec qui se résume ainsi:
1. Un état dit de « tolérance » d’une durée de six mois renouvelable, jusqu’à l’accomplissement des conditions nécessaires pour la régularisation (alors que la proposition initiale du gouvernement grec prévoyait une durée stricte de six mois).

2. Des papiers leur permettant de voyager dans leurs pays d’origine –  et cela pour des raisons « humanitaires », comme le décès d’un proche – et de retourner en Grèce sans problème.

3. Le nombre d’années de résidence et de travail sur le territoire grec requis pour être régularisé passe de 12 à 8 ans pour tous les travailleurs et travailleuses sans papiers.

Le gouvernement examine également la possibilité de diminuer le nombre de cotisations salariales requises pour la régularisation. (C’est notamment en raison de ce critère que nombre d’immigrés n’avaient pu être régularisés en 2005).
Ci-après le communiqué de presse du Comité de soutien:

La décision du gouvernement grec de satisfaire une partie des revendications des 300 immigrés en grève de la faim a démontré qu’un combat n’est jamais perdu d’avance. C’est aussi la preuve, pour toutes/ s les travailleur(e)s que le gouvernement du mémorandum (ndlr: le programme de rigueur imposé à la Grèce par l’UE et le FMI pour faire face à la crise) n’est pas invincible. L’esprit de lutte et la forte solidarité peuvent donner des résultats tangibles.

Il est évident que des luttes à long terme sont encore nécessaires pour supprimer les discriminations contre les travailleurs immigrés vivant en Grèce et en Europe. Cependant, il ne fait aucun doute que l’abnégation des 300 immigrés a ouvert un nouveau chemin vers la résolution du problème.

Nous voudrions remercier tou(te)s ceux et celles (et ils ont été nombreux et nombreuses …) qui ont soutenu cette lutte difficile depuis les évènements de la Faculté de Droit d’Athènes jusqu’à l’hospitalisation des grévistes. Mais c’est surtout avec un profond respect que nous saluons les 300 combattants-militants. La classe des travailleurs peut en être fière.

Athènes 9 mars 2011

Initiative de soutien aux 300 immigrés en grève de faim. (Grèce)

 

Concert de soutien aux 300 migrants grévistes de la faim en Grèce

mars 10, 2011 by
La grève de la faim est terminée, or, le concert de soutien aura lieu étant donné qu’il y a encore besoin de soutien financier. Les grévistes ne peuvent pas quitter immédiatement le lieu dans lequel ils ont été logés pendant ces 44 jours alors que deux membres du Comité de soutien d’Athènes furent arrêtées il y a deux jours (elles accompagnaient des grévistes à l’hôpital et un docteur les a accusées d’avoir empêché les grévistes de manger). On aura donc besoin d’argent à la différence que le concert prendra la forme d’une fête.

 

C’est pourquoi venez nombreux et nombreuses !

  • Fanis Karoussos – oud & chant
  • Stelios Kotzabasakis – lyre crétoise & chant

présentent un concert de musique traditionnelle crétoise le jeudi 10 mars à 20h30, à 7 bd Bourdon, Metro Bastille ou Quai de la Rapée.

Les grévistes ont besoin de notre solidarité et de notre soutien financier

Solidarité avec les migrants en grève de la faim à Athènes

mars 4, 2011 by

Les 300 travailleurs sans papiers grévistes de la faim se trouvent au 39éme jour de grève à Athènes et à Salonique. Ils ont ainsi franchi le seuil critique qui peut amener des dommages irréparables au niveau de leur santé, alors que le risque de mort devient imminent. 98 d’entre eux sont actuellement à l’hôpital. Le gouvernement du PASOK rejette de nouveau la demande légitime de régularisation en poussant ainsi les grévistes vers leur mort.

Alors que le gouvernement s’accroche à sa position de déni, sont poursuivi-e-s en justice 8 membres du comité de soutien accusé-e-s de trafficking, le président de la Faculté de Droit – où les grévistes de la faim ont été logés avant de se faire évacuer sous menace d’une expulsion violente – ainsi que les grévistes eux-mêmes. A l’hôpital les policiers tentent d’interroger les médecins et les infirmiers pour avoir les noms des grévistes hospitalisés alors que la conférence de presse du comité de soutien du 1er mars a fait objet d’une agression policière particulièrement violente.

Dans un pays dévasté par la crise où travailleur-e-s, chômeur-e-s et précaires se voient chaque jour davantage humilié-e-s, dépourvu-e-s de moyens de survie et culpabilisé-e-s, la lutte des 300 travailleurs sans papiers transformé le désespoir en combat. Et mettre sa vie en danger montre peut-être que, en tant que « clandestin », ils n’ont rien à perdre.

Alors que le mouvement de solidarité s’amplifie en Grèce et à l’étranger, le gouvernement fait preuve de cynisme et de brutalité sans mesure ni précédent ; le ministre de l’Intérieur, en déclinant toute responsabilité va jusqu’à désigner ceux et celles qui soutiennent les grévistes, comme   responsables d’avoir mis en danger la vie de ces derniers. Sur ce terrain fertile, discours et agressions racistes et xénophobes font de la chasse aux sorcières un sport national, qui, hélas, n’est pas réservé qu’aux grec-que-s.

Les 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim vivent et travaillent depuis des années sur le territoire grec. Ils ont été pendant ces années une source importante d’enrichissement pour leurs employeurs et source d’enrichissement culturel et humain pour leurs voisin-e-s, collègues et ami-e-s, comme l’ont été par ailleurs les immigré-e-s avec ou sans papiers dans tous les pays.

La grève de la faim de 300 migrants ne concerne pas uniquement les grecques elle concerne la politique de l’Europe vis-à-vis de la politique de l’immigration dans le traité Dublin II qui a transformé la Grèce en « Calais » de l’Europe.

Nous exigeons

La légalisation immédiate des 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim.

La régularisation de tous les travailleur-e-s sans papiers.

L’abrogation de Dublin II qui met leur vie en péril en transformant des pays entiers en dépôts de « l’immigration non choisie » et où les violences et les violations, de tout genre, deviennent monnaie courante.

Nous appelons à amplifier la solidarité pour que le gouvernement grec donne une solution immédiate.

Aucune vie n’est clandestine, aucune vie n’est de trop.


RASSEMBLEMENT À PARIS DE SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS SANS PAPIERS EN GRÈVE DE LA FAIM LE LUNDI 7 MARS 2011 – de 18h à 20h

DEVANT L’AMBASSADE DE GRÈCE 17 Rue Auguste Vacquerie, Paris 16e – Métro : Kléber

http://hungerstrike300.espivblogs.net/

Initiative de soutien aux 300 grévistes sans papiers de Grèce

Initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris.

Occupation du consulat de Grèce à Paris

mars 4, 2011 by

39ème jour de la grève de la faim des 300 migrants sans papiers en Grèce. 98 d’entre eux sont hospitalisés. La politique xénophobe des pays européens pousse ces 300 travailleurs à la grève de la faim pour revendiquer leur droit légitime à la régularisation. Nous demandons en tant que citoyens grecs en France que le gouvernement grec accepte leurs revendications.



Initiative de soutien aux 300 grévistes sans papiers de Grèce

Initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris.

 

 

 

 

URGENCE GRÈCE ! RASSEMBLEMENT À PARIS DE SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS SANS PAPIERS EN GRÈVE DE LA FAIM

mars 3, 2011 by

URGENCE GRÈCE ! RASSEMBLEMENT À PARIS DE SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS SANS PAPIERS EN GRÈVE DE LA FAIM LE LUNDI 7 MARS 2011 – de 18h à 20h

DEVANT L’AMBASSADE DE GRÈCE 17 Rue Auguste Vacquerie, Paris 16e – Métro : Kléber

Les 300 travailleurs sans papiers en gréve de la faim à Athènes et à Thessalonique on décidé lundi de cesser de prendre du sel et du sucre avec l’eau qu’ils boivent. Ce pas en avant dans le désespoir est le résultat du refus obsessionnel du gouvernement grec de prendre en compte leurs revendications. Après les avoir insultés, chassés de l’université de droit et dénigré leur combat, après avoir criminalisé 8 soutiens en les renvoyant devant la justice, le gouvernement s’apprête à les laisser mourir. Aujourd’hui plus de 66 grévistes ont déjà été hospitalisés, tant à Athènes qu’à Thessalonique. Rappelons que l’obtention de papiers en Grèce était auparavant soumise à la condition de travail. Que le refus du patronat Grec de délivrer des contrats en bonne et due forme à eu pour effet le non renouvellement de leurs papiers pour 150 000 travailleurs. Dans un contexte de répression européenne accentué à l’encontre de tous les migrants, la solidarité internationale est une nécessité.

Le secrétariat International de la CNT française apporte un soutien total à leurs revendications de régularisation, d’égalité des droits, et de dignité pour :

Que les permis de séjour ne soient plus dépendants du fait d’avoir un emploi.

Que tous ceux qui ont perdu leur permis pour la raison ci-dessus soient régularisés à nouveau.

La défense de tous ceux dont la demande a été rejetée en 2005, après que le dépôt de leur demande ait été accepté et après avoir été forcés de payer des milliers d’euros chacun.

La mise en place d’une procédure permanente et ouverte à la régularisation complète, qui traitera les demandes.

L’abandon de toute poursuite à l’encontre des camarades qui ont agit en solidarité avec les grévistes.

La CNT n’oublie pas également les grévistes de la faim actuellement au Centre de Rétention de Vincennes et appel à la mobilisation contre la répression policière et étatique à l’encontre des migrants. Liberté de circulation et liberté d’installation ! LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS DE PAYS, LES TRAVAILLEURS N’ONT PAS DE PATRIE ! SOLIDARITÉ INTERNATIONALE !

www.cnt-f.org/international

Rassemblement à l’initiative du Secrétariat International de la CNT Contact : international@cnt-f.org

 

Appel unitaire en soutien à des sans-papiers en grève de la faim, en Grèce.

mars 3, 2011 by

Depuis près de quarante jours, 3OO immigrés, la plupart d’origine maghrébine, font la grève de la faim à Athênes et Salonique. Depuis des années ils travaillaient en Grèce sans papiers et se sont trouvé licenciés avec la crise. Ils ont alors entrepris une grève de la faim totale pour obtenir des papiers. Près de cinquante d’entre eux ont dû être hospitalisés ces derniers jours. Plusieurs risquent la mort. Nous demandons au gouvernement grec d’intervenir immédiatement et d’empêcher cette tragédie en  leur accordant des papiers pour qu’ils puissent retrouver du travail dans ce pays où ils vivent et ont souvent fondé une famille depuis de nombreuses années.
Le 3 mars 2011.

 
Premières signatures.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,conseiller régional Ile de France
Marie George Buffet, députée, ancien ministre, PCF
Jacques Fath,Membre du Comité Executif National du PCF. Responsable
des relations internationales
Harlem Désir, Député européen,secrétaire national du PS
Pouria Amirshahi, Secrétaire national du PS aux droits de l’homme
Sandrine Mazetier, PS, Député secrétaire nationale à l’immigration
Daniel Goldberg, Deputé PS
Noel Mamère, Député Europe Ecologie Les Verts
Olivier Besancenot, Porte parole du NPA
Alain Pojolat, Membre du Comité Executif du NPA
Sandra Demarcq, Membre du Comité Executif du NPA
Alain Krivine, Ancien député européen, membre du CPN du NPA
Jean Luc Mélenchon, Coprésident du Parti de Gauche, député européen
Martine Billard, Coprésidente du Parti de Gauche, députée de Paris
Danielle Simonnet, Secrétaire nationale aux migrations et à la citoyenneté, Parti de Gauche
Raquel Garrido, Porte parole à l’Internationale du Parti de Gauche
Nathalie Arthaud, Porte parole de Lutte Ouvrière
Arlette Laguiller, Direction nationale de Lutte Ouvrière
Annick Coupé, Porte parole de Solidaires
Christian Maheux, Membre du secrétariat national de Solidaires
Catherine Lebrun, Membre du secrétariat national de Solidaires

Desobéissance civile pour les 300 migrants en gréve de la faim

mars 2, 2011 by

Participez !

http://hungerstrike300.espivblogs.net/2011/03/02/solidarity-is-our-wepon-%CF%83%CE%AE%CE%BC%CE%B5%CF%81%CE%B1-23-%CE%BC%CE%B5%CF%84%CE%AC-%CF%84%CE%B9%CF%82-1100%CF%80-%CE%BC/

Ανακοίνωση-απάντηση στον Θεόδωρο Πάγκαλο για τα γεγονότα στο Ελληνικό σπίτι του Παρισιού

février 28, 2011 by

Επανερχόμαστε στα χθεσινά γεγονότα προκειμένου ν’  αποσαφηνίσουμε τα πολιτικά χαρακτηριστικά της διαμαρτυρίας μας, καθώς και ορισμένα περιστατικά και να καταδείξουμε έτσι το ανυπόστατο των ισχυρισμών της σημερινής ανακοίνωσης του Θεόδωρου Πάγκαλου. Μια
ανακοίνωση γεμάτη ψεύδη, ανακρίβειες και  σαφή διάθεση για πλήρη διαστρέβλωση των γεγονότων.

O κ. Πάγκαλος, προκειμένου να δώσει μια στρεβλή εντύπωση για τις διαθέσεις μας, ισχυρίζεται ψευδώς πως πρόθεσή μας ήταν να ακυρώσουμε την προβολή του «Ζ» και να επιβάλλουμε την προβολή του «Παράδεισος στη Δύση» με σκοπό ν’ αναδείξουμε το ζήτημα των μεταναστών- απεργών πείνας στην Ελλάδα. Ωστόσο, και οι δύο ταινίες περιλαμβάνονταν στο πρόγραμμα των εκδηλώσεων. Επίσης, η πρόθεσή μας ν’ αναδείξουμε το ζήτημα των μεταναστών απεργών πείνας πραγματώθηκε μέσα από την παρέμβαση που κάναμε πριν την προβολή της ταινίας. Μια παρέμβαση κατά την οποία κρεμάσαμε πανώ στην είσοδο της εστίας και μοιράσαμε κείμενα στους παρευρισκόμενους.

Μετά το τέλος της παρέμβασης εισήλθαμε στο χώρο προκειμένου να παρακολουθήσουμε την εκδήλωση, μαζί με όλο το υπόλοιπο κοινό. Εκείνη τη στιγμή, λίγο δηλαδή πριν την έναρξη της εκδήλωσης, μπήκε στην αίθουσα ο κ. Πάγκαλος χωρίς κανείς μας να γνωρίζει πως σκόπευε να παρευρεθεί. Αυθόρμητα, ξεκινήσαμε παράσταση διαμαρτυρίας με σαφή και ξεκάθαρη πρόθεση ο κ. Πάγκαλος ν’ αποχωρήσει. Η διαμαρτυρία μας ξεκίνησε συνεπώς πριν την έναρξη της προβολής και ποτέ δεν τέθηκε από την πλευρά μας ζήτημα αλλαγής του περιεχομένου της εκδήλωσης. Διότι για εμάς σίγουρα δεν υπάρχει θέμα ανταγωνιστικότητας μεταξύ της δημοκρατικής επίφασης του δολοφονικού μετεμφυλιακού ελληνικού κράτους – που διαπραγματεύεται το «Ζ» μέσα από τη διελεύκανση της δολοφονίας του Γ. Λαμπράκη – και της μετανάστευσης, που πραγματεύεται το «Παράδεισος στη Δύση». Υπάρχει ίσως περισσότερο συσχετισμός αλλά ας μην επεκταθούμε προς το παρόν.

Οι  χαρακτηρισμοί  του κ.  Παγκάλου  για «τρομοκρατικού χαρακτήρα παρέμβαση Γάλλων αναρχικών και Ελλήνων οπαδών του ΣΥΡΙΖΑ» είναι αυθαίρετοι. Υπάγονται στο αυταρχικό του ντελίριο και δεν έχουν προφανώς καμία σχέση με τη λογική και τη δράση της Πρωτοβουλίας μας. Οι χαρακτηρισμοί του, τέλος, αποσκοπούν στην ύπουλη στοχοποίηση συγκεκριμένων πολιτικών χώρων, στους οποίους έβγαλε λανθασμένα μόνος του το συμπέρασμα ότι ανήκουμε και στην απόσπαση της προσοχής από το πολιτικό περιεχόμενο της πράξης μας. Όσο για τα ψέματα περί «χρησιμοποίησης σωματικής βίας» και τις κατηγορίες για «τρομοκρατικού τύπου» παρέμβαση, αυτά διαψεύδονται από το ίδιο το βίντεο που έχει κυκλοφορήσει στη δημοσιότητα.

Τελικά ο κ. Πάγκαλος αποχώρησε, αλλά παίρνοντας μαζί του…ολόκληρη την εκδήλωση. Ο κ. Γαβράς (προς μεγάλη μας απογοήτευση) και η διευθύντρια της εστίας ακολούθησαν πιστά την εντολή του και ματαίωσαν την εκδήλωση, τη στιγμή που ο κόσμος, αφού αποχαιρέτησε τον κ. Πάγκαλο με αποδοκιμασίες, παρέμεινε στην αίθουσα για να παρακολουθήσει την προβολή. Η διευθύντρια απέσυρε τον προτζέκτορα και μάλιστα δύο φορές, ύστερα από προσπάθειά μας να τον επανεγκαταταστήσουμε ώστε να γίνει κανονικά η προβολή.  Ήταν λοιπόν ξεκάθαρο και σαφές πως την εκδήλωση την ακύρωσε ο κ. Πάγκαλος και όχι οι διαμαρτυρόμενοι. Μια εκδήλωση η οποία ωστόσο αφορούσε στο έργο του Κ. Γαβρά και όχι στο πρόσωπο του κ. Παγκάλου… Κατά συνέπεια, εκείνος που προφανώς δεν ενστερνίστηκε ποτέ τις αξίες της δημοκρατίας, συμπεριφερόμενος σαν ανώτατος αξιωματούχος απολυταρχικού καθεστώτος και ακυρώνοντας πολιτιστικές εκδηλώσεις ωσάν λογοκριτής και διώκτης τους, εκείνος που δεν μπορεί να αποδεχτεί την ελευθερία της έκφρασης είναι ακριβώς ο κ. Πάγκαλος. Αναφέρουμε ενδεικτικά πόσο απαξιωτικά και προσβλητικά έχει κατά καιρούς καταφερθεί εναντίον του ελληνικού λαού, χαρακτηρίζοντας ολόκληρα κοινωνικά κομμάτια ως «κοπρίτες» και αγωνιζόμενους ανθρώπους ως «άπλυτους» (οποιαδήποτε ομοιότητα με το λόγο των ακροδεξιών δεν είναι βεβαίως τυχαία). Κι όλα αυτά με την ιδιότητα του αντιπροέδρου μιας δεξιάς κυβέρνησης με σοσιαλδημοκρατική μάσκα, η οποία έχει περιστείλει σημαντικές δημοκρατικές ελευθερίες που με αίμα κατακτήθηκαν από τον ελληνικό λαό. Η κυβέρνησή του είναι εκείνη που άλλαξε τη νομοθεσία τη σχετική με την δίωξη των συνδικαλιστών και που διατήρησε τον κουκουλονόμο ο οποίος οδηγεί στην κακουργηματική δίωξη αγωνιζόμενων ανθρώπων, που καταστέλλει άγρια διαδηλώσεις και κάθε είδους εκδηλώσεις διαμαρτυρίας στην Ελλάδα.

Ο κ. Πάγκαλος είναι ο αντιπρόεδρος μιας κυβέρνησης η οποία παρέδωσε την οικονομική πολιτική του ελληνικού κράτους, στους δύσκολους καιρούς της οικονομικής κρίσης, στα χέρια του ΔΝΤ και των συμφερόντων του ευρωπαϊκού κεφαλαίου. Είναι ακόμη ο αντιπρόεδρος μιας κυβέρνησης που μείωσε μισθούς σε δημόσιο και ιδιωτικό τομέα, αύξησε τα όρια ηλικίας συνταξιοδότησης, αύξησε την άμεση και έμμεση φορολογία. Είναι τέλος ο αντιπρόεδρος μιας κυβέρνησης η οποία ακολουθώντας πιστά τις εντολές της ευρωπαϊκής ένωσης σηκώνει φράχτες εναντίον μεταναστών στον Έβρο ή τους πνίγει στο Αιγαίο και που σήμερα καταδικάζει σε θάνατο τους 300 απεργούς πείνας απορρίπτοντας με κυνισμό και αναλγησία το δίκαιο αίτημα για νομιμοποίησή τους. Με τη χτεσινή του στάση και τη σημερινή του δήλωση, ο κ. Πάγκαλος μας αποκαλύπτει μερικές ακόμα πλευρές της πολιτικής του συγκρότησης. Φαίνεται καταρχήν ότι είτε αγνοεί είτε προκλητικά παραβιάζει μια από τις κλασσικότερες αξίες της δημοκρατίας: Την άμεση λογοδοσία των πολιτικών αξιωματούχων για τα έργα τους. Οι δημοκράτες κ. Πάγκαλε έχουν το θάρρος και την αξιοπρέπεια να σταθούν όρθιοι, να λογοδοτήσουν και να κριθούν. Επίσης, οι δημοκράτες δεν κρύβονται πίσω από τεχνάσματα και τακτικισμούς όταν έρχονται αντιμέτωποι με τον λαό. Η αντιπρόταση διαλόγου την επόμενη μέρα δεν μπορεί παρά να καταδείξει την διάθεση υπεκφυγής, την απροθυμία για ουσιαστικό διάλογο και κατ’ επέκταση την ένδεια του κυβερνητικού λόγου. Καταδεικνύει επίσης την μονομέρεια και την κατ’ επίφαση δημοκρατική κουλτούρα του Πάγκαλου. Είναι δυνατόν μια τέτοια συμπεριφορά απέναντι σε πολίτες να μην καταδικαστεί ξεκάθαρα από το σύνολο του ελληνικού λαού; Δεν υπάρχει πια καμία αμφιβολία ότι η ελληνική κοινωνία, όταν διαθέτει  τέτοιας ποιότητας πολιτικούς,  οι  οποίοι  εξυπηρετούν τα παγκόσμια οικονομικά συμφέροντα, το ελληνικό κεφάλαιο, τις τράπεζες και την πολιτική των ισχυρών ευρωπαϊκών κρατών, κινδυνεύει να κατρακυλήσει στην εξαθλίωση και την υποδούλωση. Σε όλες τις πόλεις της Ελλάδας, όπως και στο Παρίσι, στο Βερολίνο και σε οποιαδήποτε άλλη πόλη της Ευρώπης
επισκέπτονται, είναι ανεπιθύμητοι! Όσα έγιναν στο Παρίσι, όπως και όσα έγιναν στο Βερολίνο και θα γίνουν αύριο στην πλατεία Συντάγματος είναι η δυναμική εισβολή του λαού στο προσκήνιο της Ιστορίας προκειμένου να κατακτήσει το δικαίωμά του στην αξιοπρέπεια και τη ζωή.

Παρίσι, 27/2/2011

ΟΙ ΜΕΤΑΝΑΣΤΕΣ ΕΙΝΑΙ ΤΗΣ ΓΗΣ ΓΗΣ ΟΙ ΚΟΛΑΣΜΕΝΟΙ
ΕΛΛΗΝΕΣ ΚΑΙ ΞΕΝΟΙ ΕΡΓΑΤΕΣ ΕΝΩΜΕΝΟΙ
ΝΙΚΗ ΣΤΟΝ ΑΓΩΝΑ ΤΩΝ ΜΕΤΑΝΑΣΤΩΝ!
ΑΠΕΛΑΣΗ ΤΗΣ ΚΥΒΕΡΝΗΣΗΣ ΚΑΙ ΤΗΣ ΤΡΟΪΚΑΣ!

Πρωτοβουλία αλληλεγγύης στους 300 απεργούς πείνας.
Πρωτοβουλία Ελλήνων φοιτητών κι εργαζόμενων στο Παρίσι.