32ème jour de grève pour les 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim à Athènes

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25 février 2011

Nous sommes arrivés actuellement à la 32ème jour de grève pour les 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim à Athènes et à Salonique. Nous franchissons ainsi le seuil critique pour l’arrivée des dommages irréparables au niveau de leur santé alors que le risque de mort devient immanent. Le gouvernement de PASOK, faisant preuve d’une brutalité sans mesure ni précédent, rejette la demande légitime de régularisation en rejetant ainsi les travailleurs sans papiers eux-mêmes dans la mort.

 

Dans le même temps que le gouvernement s’accroche à sa position de déni, sont poursuivi-e-s en justice 8 membres du comité de soutien accusé-e-s de trafficking ainsi que le président de la Faculté de Droit où les grévistes de la faim ont été logés avant de se faire évacuer sous menace d’une expulsion violente.

 

Dans un pays dévasté par la crise où travailleur-e-s, chômeur-e-s et précaires se voient chaque jour davantage humilié-e-s, dépourvu-e-s de moyens de survie et culpabilisé-e-s, la lutte des 300 travailleurs sans papiers porte l’honneur politique d’avoir transformé le désespoir en combat. Et mettre sa vie en danger montre peut-être que, en tant que « clandestin », nous n’avons pas autre chose à perdre. C’est peut-être aussi l’ironie tragique d’être immigré-e sans papiers au pays de la tragédie en période de crise.

 

Alors que le mouvement de solidarité s’amplifie, les discours et les agressions racistes et xénophobes s’intensifient en faisant des immigré-e-s des boucs émissaires et en opposant ceux et celles dont la vie dépend du travail l’un contre l’autre. Les patrons sont miraculeusement épargnées et le conflit est transposé entre autochtones et étrangers, chômeurs et travailleurs, public et privé et ainsi de suite. Mythes et préjugés sont extraits du plus profond de l’imaginaire pour faire de la chasse aux sorcières un sport national, qui, hélas, n’est pas réservé qu’aux grec-que- s et qu’il n’a que très rarement des aspects ludiques.

Les 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim vivent et travaillent pendant des années sur le territoire grec. Ils ont été pendant ces années une source importante d’enrichissement pour leurs employeurs et source d’enrichissement culturel et humain pour leurs voisin-e-s, collègues et ami-e-s, comme l’ont été par ailleurs les immigré-e-s avec ou sans papiers dans tous les pays.

 

Nous exigeons la légalisation immédiate des 300 travailleurs sans papiers en grève de la faim ainsi que la régularisation de tous les travailleur-e-s sans papiers.

Nous exigeons l’abrogation de Dublin II qui met en péril la vie des immigré-e-s en transformant des pays entiers en dépôts de « l’immigration non choisie » et où les violences et les violations de tout genre deviennent monnaie courante.

Nous appelons à amplifier la solidarité et à intensifier la pression à l’égard du gouvernement grec pour qu’il donne une solution maintenant.

Aucune vie n’est clandestine, aucune vie n’est de trop.

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