Texte pour l’incident tragique à la banque Marfin signé par des éditions autogérées et des collectivités (8/5/2010)

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L’ANARCHIE EST UNE LUTTE POUR LA VIE ET NON PAS POUR LA MORT

En Décembre 2008, durant les événements qui ont suivi l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos, le mouvement anarchiste-antiautoritaire avait répondu aux appels fascistes des medias pour le « retour à la normalité, l’ordre et la sécurité » avec le cri poignant suivant : « Vous parlez des vitrines, nous parlons des vies ».

Quelle sorte d’hypocrisie dangereuse fait que certains parlent aujourd’hui des mesures défectueuses, de la sécurité inadéquate du bâtiment de la banque face aux incendies, et non pas de ces vies qui ont été perdues ? Quelle sorte de renversement orwellien fait que certains parlent de cet incident tragique comme d’un simple court-circuit ?

Nous ne nous rendons pas compte que cette hypocrisie soit à la base équivalente à celle des assassins d’OTAN qui parlaient des « dommages collatéraux » ?

Nous ne nous rendons pas compte que le cynisme et la cruauté évidents et bien connus d’un grand capitaliste, qui a ‘emprisonné’ ses employés dans la banque, ne puissent pas expier la mort des trois êtres humains ?

Nous ne nous rendons pas compte que si on adopte les conduites de la bête contre laquelle on se bat on devient un avec lui ?

Si les anarchistes luttent pour quelque chose, s’il ya quelque chose que les hommes doivent défendre à travers la lutte, cela c’est la Vie, la Liberté et la Dignité. Si nous luttons pour quelque chose, nous luttons pour un monde où la mort n’aura plus de pouvoir…

Pendant une manifestation au centre de Salonique le 6/5 plusieurs gens, anarchistes et antiautoritaires, ont crié à plusieurs reprises : « il s’agissait d’un assassinat, nous n’avons pas des illusions, Vgenopoulos et l’état sont des assassins ». Peut-être une telle réflexion est pour quelques uns adoucissante. Pourtant, est-ce qu’ils comprennent sur le fond le contenu et les prolongements de cette réflexion ?

Nous ne savons pas ce qu’il s’est passé au bâtiment de Marfin le midi de 5/5/2010 et peut-être nous ne le saurons jamais. Nous savons, par contre, qu’au moment où nous avons tous entendu la nouvelle, personne d’entre nous n’a exclu comme une éventualité impossible l’annonce des procureurs de medias ! Et cela est également tragique.

Parce que si avec notre conduite nous ne pouvons rendre totalement inconcevable (et tout d’abord à nous–mêmes) le fait qu’un tel acte puisse provenir des individus qui viennent du même milieu que nous, alors, dans ce cas là, nous avons déjà ouvert la voie pour que de telles tragédies puissent se produire (par irresponsabilité meurtrière, malveillance vicieuse ou même préméditation frauduleuse).

Durant une révolte généralisée il y a toujours des morts ; il s’est passé ainsi à Los Angeles, il s’est passé ainsi en Argentine. Pourtant, personne n’a jamais envisagé d’attribuer ces morts à un courant politique organisé de désobéissance.

Le fait que les trois personnes assassinées de Marfin Banque se mettent sur le dos de l’Anarchie montre qu’il y a ici des grandes responsabilités. Et qui peut ignorer la tolérance envers des logiques qui méprisent la vie humaine ? Même si on répète qu’il y a des années que les anarchistes adroits incendient des banques et que personne n’a jamais été mis en danger… Même si on accuse Vgenopoulos qu’il a emprisonné les employés dans la banque, qu’il a négligé les mesures de sécurité de la banque contre le feu etc. … la responsabilité ne nous abandonne pas.

S’il y a même un nombre restreint de gens qui s’autodéfinissent comme des anarchistes et qui, par contre, sont irresponsables à un tel niveau pour incendier des bâtiments avec du monde dedans, c’est là la racine de la responsabilité.

Pire encore, si de cette manière-là on a ouvert le chemin pour la conspiration la plus grande dans l’histoire de la Grèce contemporaine après la chute de la Junte militaire, les conséquences – à long terme – sont évidemment plus graves encore que la tragédie des trois personnes assassinées.

Et la réponse ne peut pas être la protestation que « l’ennemi n’a pas des scrupules ». Nous savons ce qui s’est passé à Piazza Fontana, nous savons ce qui s’est passé à Scala de Barcelona.

La réponse ne peut être autre que celle de l’opposition massive qui s’enracine dans tous les lieux sociaux dans toute la Grèce, avec persévérance, avec du travail laborieux, avec fraternité, mutualité, solidarité. La réponse ne peut être autre que celle de la lutte pour la vie et non pas pour la mort.

Editions-Revue Panoptikon, Editions des Etrangers, Editions Stasei Ekpiptontes, Editions Exarcheia, Mavro Piperi tou Euvoikou, Revue Nychtegersia

Lire le texte en grec

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