Konstantina, tu n’es pas seule (gr-fr)

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Nous sommes toutes choquées par l’attaque meurtrier au vitriole contre Konstantina Kuneva et nous nous sentons forte le besoin d’unir nos voix à celle de son syndicat, celui de l’Union régionale des femmes de ménage et du personnel domestique d’Attiki, afin d’exiger de briser ce barrage du silence qui recouvre non seulement cet action criminel hallucinante et ses auteurs directs, mais aussi ces hommes et mécanismes qui leur ont armé la main.

A travers le discours de ces femmes, le discours de Konstantina elle-même, une première faille s’est crée contre le barrage du silence, et l’invisible commence à devenir peu à peu visible, le non-exprimable est enfin exprimé. En même temps, il devient clair que les dimensions de la complicité de toute une société qui pendant des années est devenu dépendante de l’exploitation abominable et systématique du travail féminin, et surtout du travail des femmes immigrées, sans jamais s’interroger sur le partage de la responsabilité personnelle dans le cadre des comportements collectives généralisés.

C’est certain que Konstantina Kuneva avait dû payer pour son courage de revendiquer, étant immigrée, des droits du travail élémentaires pour elle et pour ses collègues. Les racines archaïques et sexistes de cet incroyable moyen de ‘punition’ restantes transparentes, elle renvoie à un monde obscur de férocité inconcevable dont les lois imposent la dévastation physique de l’individu tout comme l’étranglement de la voix de la femme qui a osé de ne pas obéir. Sur ce point-là, les responsabilités des services publiques qui se mêlent avec celles des parties syndicales officielles, sont vraiment incalculables. Car, malgré le fait que Konstantina et son syndicat n’aient jamais cessé pendant ces dernières années de dénoncer les violations incroyables de la législation du travail, les pratiques mafieuses des employeurs et l’inactivité totale des mécanismes de contrôle étatiques, malgré tous cela, donc, le système lucratif d’adjudication de travaux a été, à la fin, répandu également au secteur public, imposant un régime complètement arbitraire qui constitue une insulte vis-à-vis de toute notion de droit du travail.

Les entrepreneurs, s’étant assurés de l’accord tacite des dirigeants, ont établi un système qui leur donne le pouvoir d’ignorer les timbres des assurances-sociales et le paiement des heures supplémentaires et de déclarer des heures fictives. Ils obligent également les travailleuses à signer des feuilles blanches avec des salaires qui ne leurs ont jamais été versés, et des lettres de démission volontaire antidatées, les harcelant psychologiquement et leur faisant chanter avec des licenciements et des «listes noires ». En plus, ils mettent sur pied des syndicats patronaux pour qu’ils leur représentent.

Konstantina a résisté à ce système d’esclavage, la débauche patronale, l’indifférence complice de l’Etat et la tolérance commode des syndicats.

Notre devoir élémentaire envers cette femme remarquable, toujours hospitalisée dans un état critique à l’hôpital d’Evagelismos, est d’éxiger la découverte et la punition des coupables moraux et physiques qui se cachent derrière la tentative d’assassinat contre elle.

En solidarité avec les femmes du syndicat de Konstantina, nous devons faire tout à notre pouvoir pour mettre fin aux conditions inadmissibles qui constituent le cadre de leur vie professionnelle.

Initiative féministe de solidarité avec Konstantina Kuneva

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