Appel à la solidarité, mars 2007 (fr)

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En Grèce, depuis maintenant neuf mois, l’éducation nationale connaît le mouvement le plus important du secteur. Le rouleau compresseur néo-libéral, incarné par un gouvernement de droite, mène une offensive d’ampleur contre l’éducation publique et gratuite. Aucun secteur n’en est pas épargné : lois de « décentralisation » pour le primaire et le secondaire, introduction du privé dans l’enseignement supérieur, abrogation d’une série d’acquis sociaux concernant la communauté universitaire. Mais la riposte a été à la hauteur, les instituteurs ont passé le relais aux professeurs des collèges et lycées et ces derniers aux universitaires et étudiants. La mesure phare du gouvernement fut la révision de la Constitution, étape obligatoire pour ouvrir la voie aux Universités privées. Or, l’ampleur du mouvement social a pu peser sur les orientations des partis politiques et notamment sur celle du PS grec qui s’apprêtait à s’allier aux volontés de la droite : la révision en question a fini par ne pas avoir la majorité requise au Parlement. Mais cette défaite n’a pas empêché le gouvernement de passer en force sa contre-réforme sur les statuts des professeurs et des étudiants. Le 8 mars, malgré et contre les grèves massives et les occupations reconduites depuis trois mois dans quelques 300 départements de l’Université grecque, la loi-cadre a été votée dans le Parlement tandis qu’en dehors la répression policière s’acharnait contre quelques 40 000 manifestants.

Pendant ce temps, le gouvernement a eu recours à l’arsenal habituel : offensive idéologique menée par les Médias, escalade de la violence policière, criminalisation des militants syndicaux. Les Médias passent sous silence l’ampleur de la mobilisation, écartent des « débats publics » les acteurs d’une opposition menée quotidiennement dans les universités et dans la rue et tentent systématiquement de discréditer les manifestants en les qualifiant de « casseurs ». Le ministre de l’Intérieur, version Sarko à la grecque, menace publiquement de sanctions juridiques les directions syndicales, renvoie au principe de la « tolérance zéro » qu’il déclare vouloir appliquer « par ses propres mains » et appelle les forces de l’ordre « à faire preuve d’une détermination de fer et d’éradiquer tout action subversive ». Les faits illustrent bien ses propos : l’intimidation des manifestants passe par des tirs à balles réelles, l’usage exacerbé des bombes lacrymogènes, voire des grenades incendiaires, les interpellations violentes et massives et les accusations particulièrement lourdes. Le syndicat de médecins a dénoncé les violences policières manifestes sur plusieurs dizaines de blessés amenés aux hôpitaux après la manifestation du 8 mars, parmi lesquels figure aussi le secrétaire du syndicat de l’éducation universitaire. Le syndicat de la magistrature a dénoncé les méthodes de constitution des dossiers d’accusation, ainsi que l’usage des bombes lacrymogènes lancées même dans la Cour de Justice afin de disperser les familles des accusés… Les syndicats des étudiants et des enseignants reconduisent leurs grèves et appellent à l’amplification du mouvement.

Seul recours qui puisse contribuer de loin à la continuité de cette lutte, la solidarité. Nous sollicitons la vôtre et nous y comptons afin de donner suite à ce fil conducteur déroulé depuis un an par la victoire emblématique contre le CPE.

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